Un médicament utilisé pour traiter le cancer du pancréas s’avère désormais très prometteur contre le cancer du poumon également. Des médecins ont publié les résultats d’un nouvel essai clinique sur le daraxonrasib (nom commercial RASONQUE, produit par la société Revolution Medicines) le 2 septembre 2026 dans le New England Journal of Medicine. Si vous ou l’un de vos proches êtes atteint d’un cancer du poumon non à petites cellules, ce médicament pourrait bientôt changer la façon dont les médecins traitent certains cas.

Qu’est-ce que le médicament daraxonrasib (RASONQUE) ?
Le daraxonrasib est un comprimé qui cible les protéines RAS. La mutation RAS est à l’origine d’environ 30 % des cas de cancer du poumon non à petites cellules. Cette mutation agit comme un interrupteur bloqué qui ordonne aux cellules cancéreuses de continuer à se multiplier. Le daraxonrasib agit en bloquant cet interrupteur pour de nombreux types de mutations RAS différents, et pas seulement pour un seul.
Les médecins utilisent déjà le daraxonrasib pour traiter le cancer du pancréas. La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé ce médicament pour cette indication en août 2026, après qu’un essai clinique a montré qu’il doublait presque la durée de survie globale par rapport à la chimiothérapie. Les chercheurs souhaitaient savoir si le daraxonrasib pouvait également contribuer au traitement du cancer du poumon.
Résultats de l’essai
Ce nouvel essai a inclus 136 patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules avancé dont les tumeurs présentaient une mutation du gène RAS. Tous ces patients avaient déjà essayé d’autres traitements qui avaient cessé d’être efficaces. Les chercheurs ont administré aux patients différentes doses de daraxonrasib et ont suivi la réponse de leurs tumeurs.
Les résultats se sont révélés très prometteurs. Entre 31 % et 37 % des patients ont vu leurs tumeurs régresser, en fonction de la dose. La durée médiane de survie sans progression de la maladie a atteint 8,3 mois. Cela signifie que les patients ont généralement vécu dans de bonnes conditions pendant plus de huit mois avant que leur cancer ne recommence à se développer. La durée médiane de survie globale a atteint 16,0 mois, ce que les chercheurs jugent encourageant car la plupart des patients avaient déjà suivi plusieurs cycles de traitement antérieurs.
Un détail important : l’essai a exclu les patients présentant la mutation KRAS G12C, car un autre médicament cible déjà cette mutation spécifique. Ces résultats s’appliquent donc à d’autres mutations du gène RAS, telles que G12D, G12V, G13 et Q61, mais pas à la mutation G12C.
Effets indésirables à connaître
Le daraxonrasib n’est pas sans risque. Presque tous les patients participant à l’essai ont présenté des effets indésirables, le plus souvent des éruptions cutanées, de la diarrhée, des nausées, des vomissements ou des aphtes. Des effets indésirables plus graves sont apparus chez 54 % des patients. La pneumonie, la diarrhée, les éruptions cutanées et la diminution du nombre de globules rouges ont été les problèmes graves les plus fréquents. Quatre patients sont décédés des suites d’effets indésirables liés au traitement par le daraxonrasib.
Les médecins soulignent que ces chiffres sont importants, mais qu’ils doivent être mis en balance avec l’option alternative. La plupart des patients participant à l’essai ne disposaient plus que de peu d’options valables après l’échec des traitements standard.
Prochaines étapes
Sur la base de ces résultats, les chercheurs ont lancé un essai de phase III baptisé RASolve 301. Cet essai compare directement le daraxonrasib au docétaxel – un médicament de chimiothérapie standard – chez des patients atteints d’un cancer du poumon présentant une mutation du gène RAS et ayant déjà reçu un traitement. Cet essai est ouvert et recrute actuellement des patients. Les résultats d’une comparaison directe comme celle-ci aideront les médecins à déterminer si le daraxonrasib doit devenir une option thérapeutique standard, plutôt qu’une option expérimentale.
Si vous ou un membre de votre famille êtes atteint d’un cancer du poumon non à petites cellules, demandez à votre oncologue si votre tumeur a fait l’objet d’un test de dépistage des mutations du gène RAS. Le test génétique de la tumeur – parfois appelé test de biomarqueurs – indique aux médecins quelles mutations sont à l’origine du cancer. Ces informations permettent de déterminer quels médicaments ciblés pourraient être efficaces dans votre cas.
Le daraxonrasib n’est pas encore approuvé pour le traitement du cancer du poumon, et il ne sera pas efficace chez tout le monde. Mais pour les patients qui ont épuisé toutes les options thérapeutiques standard, il pourrait être utile de discuter avec votre équipe soignante de la possibilité de participer à un essai clinique évaluant ce médicament. Demandez à votre médecin si vous êtes éligible à l’essai RASolve 301, ou s’il existe un essai clinique similaire portant sur une thérapie ciblée près de chez vous.













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